En Bretagne, l’hommage de Bayrou à Chirac

A l’université de rentrée du MoDem, la mémoire de Jacques Chirac a plané durant tout le week-end, jusque dans les discours de François Bayrou et d’Edouard Philippe.

Le souvenir de Jacques Chirac a réuni, dimanche à Guidel dans le Morbihan, Bayrou le centriste et Philippe l’ex-juppéiste. L’université de rentrée du MoDem a en effet été marquée par le décès de l’ancien président de la République. François Bayrou a même prononcé son discours devant un portrait géant du fondateur du RPR. Lui qui fut le ministre de Chirac puis son adversaire à l’élection présidentielle a souligné que «Jacques Chirac était profondément sensible à l’idée de la France, ce qu’elle doit être dans le monde, sa responsabilité». «Le « non » de 2003 a été pour nombre d’entre nous une fierté», a-t-il ajouté. «Il y avait, chez Jacques Chirac, une idée précieuse qui était l’unité française. La capacité du pas de côté afin d’éviter qu’une fracture ne s’aggrave irrémédiablement», a-t-il également noté.

Le Premier ministre Edouard Philippe, invité de l’événement, a rappelé une citation de Johnny Hallyday. «Nous avons tous quelque chose de Jacques Chirac», a-t-il déclaré, avant de reconnaître que Chirac ne fut «ni un saint, ni un homme parfait».

Les relations entre le chef du gouvernement et le patron du MoDem se sont améliorées. Ainsi que le rapportait cette semaine Paris Match, François Bayrou est contrarié : il n’a pas apprécié la nomination de la centriste Sylvie Goulard à la Commission européenne et ne juge pas d’un bon œil le rapprochement entre le patron de l’UDI Jean-Christophe Lagarde et Emmanuel Macron. Mais pour autant, un ministre constatait avant même le rassemblement de Guidel l’embellie de ses rapports avec Edouard Philippe : «François est quand même moins chafouin.»

 

L’université de rentrée du Modem a permis de confirmer le rapprochement entre le maire de Pau et l’hôte de Matignon. François Bayrou a lancé un avertissement à La République en marche, le puissant allié du parti centriste. «Les réformes, si on veut qu’elles réussissent, elles ne valent que si les peuples ressentent qu’elles sont conduites pour eux et avec eux», a déclaré celui qui se targuait d’avoir anticipé la crise des gilets jaunes. Pour le Premier ministre, en revanche, pas de mise en garde, mais des louanges. «Nous apprécions votre style et le recul que vous savez prendre, un peu de circonspection normande, un peu d’humour britannique, un peu de détermination de boxeur amateur, et un sens jamais démenti de la loyauté», a-t-il déclaré.

Edouard Philippe, lui, a donné raison au Palois sur la question des élections municipales, faisant écho aux reproches adressés à la République en marche. «La logique partisane n’a qu’une influence minime dans les logiques qui doivent prévaloir à l’échelon municipal», a déclaré l’ancien maire du Havre. Il a également accepté les limites posées par Bayrou à la réforme des retraites -respect des droits acquis, garantie du point, ménagement des régimes spéciaux excédentaires- indiquant qu’elles lui «allaient parfaitement».

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