Une petite fille de 8 ans pense qu’elle est gay…

L’homosexualité reste un tabou dans de nombreuses familles, partout dans le monde. Faire son coming out, révéler à ses proches son orientation sexuelle, est un moment très important. Et beaucoup ont peur de le faire, peur du jugement, d’être rejetés, moqués, etc. Alors cette histoire a de quoi toucher.

 

 

C’était un après-midi. Jackie Dodd Mallory était sur son canapé en train de tricoter une couverture en grosse laine devant un épisode de la série Unbreakable Kimmy Schmidt  comme elle l’indique sur Scary Mommy. Sa petite fille de 8 ans est venue près d’elle et regardait. Soudain, elle lui a demandé si le personnage de Titus Andromedon était gay.

Sa maman lui a alors répondu que oui, c’était bien le cas. Elle indique :

« Elle s’est allongée sur la couverture pas terminée, ses bras et jambes minces formant lentement des anges de neige invisibles. ’Je pense que je suis gay aussi’ dit-elle d’un ton neutre. 

Je souris. Je voulais sauter, la serrer dans mes bras, lui montrer que je l’aimais pour qu’elle se sente acceptée, mais j’ai pris les devants à ce sujet. Pour elle, c’était simplement une déclaration, une observation, ce n’était pas grave. 

 

Alors j’ai décidé de faire comme elle et de faire que ce sujet soit classé dans la catégorie des affaires qui ne sont pas très graves, ‘Je pense aussi, chérie.’ » lui a répondu Jackie.

 

« Cette conversation entière, une conversation qu’elle oubliera probablement jusqu’au moment où sa première petite amie lui posera des questions sur son histoire, n’a duré que 18 mots. 

Je sais depuis bien plus longtemps qu’elle est gay. Dans sa façon de se relationner avec les garçons, sa personnalité plus grande que nature est bouleversée lorsqu’une jolie fille entre dans la pièce, son regard s’attarde sur les filles d’un an ou deux plus vieilles qu’elle, les personnages qu’elle dessine dans les marges de son cahier, les cartes de la Saint-Valentin qu’elle écrit à la petite fille blonde qui est assise à côté d’elle en classe, même dans la façon dont elle se comporte. 

Elle est née avec, tout comme avec ses yeux bleus brillants, ses capacités étonnantes en art et son incapacité à s’endormir rapidement. C’est elle, c’est qui elle est et je ne changerais rien ».

« Même si je savais depuis des années que cela arriverait – je l’attendais – en espérant que ce serait facile et sans larmes ni traumatisme, tout me frappe enfin. 

 

Tous les crimes de haine dont j’ai entendus parler me reviennent, les statistiques me traversent l’esprit. De combien sont les probabilités que ma douce fille décède suite à un homicide ou à un suicide? Qu’on lui refuse un emploi, un logement ou la possibilité d’adopter un bébé ? Si vous la connaissiez, vous pleureriez aussi. Elle a un cœur immense, un rire contagieux, un esprit vif. […] »

Si Jackie a décidé de raconter son histoire c’est parce qu’elle a peur. Elle accepte sa fille bien évidemment mais c’est le monde dans lequel elle va grandir, auquel elle va être confronté qui l’inquiète.

« Je veux protéger ma fille et j’ai besoin de votre aide.Vous voyez, votre enfant ne fera peut-être pas facile à ce que va vivre la mienne. Mais parmi ceux qui lisent ceci, votre enfant sera peut-être un jour celui qui sera assis à côté d’elle dans un métro tard le soir. Ou qui marchera à côté d’elle dans la rue, ou passera par là. Et j’espère que vous inculquez cette personne l’importance de défendre son prochain si le trajet de métro tard dans la nuit s’avère dangereux. 

Si votre enfant voit la mienne se faire malmener, maltraiter, blesser, élevez un enfant qui interviendra, qui aidera ma gentille fille si elle en a besoin. Parce que je vous promets ceci, elle est le genre de gamine qui aidera le vôtre. »

« Si vos croyances ne vous encouragent pas à être soutenir les LGBTQ, s’il vous plait centrez-vous sur le fait d’aimer les autres et de ne pas juger son prochain. 

Centrez vos enfants sur ça, je vous en prie. Parce qu’il ne faudra pas longtemps avant que je doive envoyer ma gentille fille dans ce monde odieux. 

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