Le petit Kenzo martyrisé à mort à Lunel : mère et beau-père seront jugés aux assises

Le médecin arrivé dans la chambre d’hôtel n’avait jamais vu une scène aussi sordide : « L’enfant avait fait office de punching-ball », a-t-il lancé aux gendarmes. Et la terrible liste des sévices énumérée par la cour d’appel de Montpellier dit tout du calvaire de Kenzo, martyrisé à mort à Lunel (Hérault) le 14 février 2017. Dans son arrêt rendu le 18 avril, la juridiction rappelle que le garçon de 21 mois a été frappé à mort, mais aussi mordu ou brûlé.

Elle y valide surtout le renvoi devant la cour d’assises (*) de Teddy Maton pour “meurtre” et “actes de tortures et de barbarie”, ce qu’il contestait. Beau-père du défunt, il rejette toujours la responsabilité de la mort de Kenzo sur Angélina Seine, 21 ans, la mère de l’enfant. Elle, sera jugée pour complicité d’actes de tortures et violences habituelles, malgré ses dénégations.

Elle a toujours raconté que Teddy Maton, compagnon violent, avait frappé l’enfant à coups de pied et de poing, lui éclatant le foie, dans la chambre d’hôtel où ils séjournaient, parce qu’il pleurait. Qu’il avait aussi pris le petit par les pieds pour lui mettre la tête puis le corps dans les toilettes où il lui avait écrasé sa couche sur le visage.

« Je vais le buter ce bâtard », aurait-il lancé, selon la mère de famille. Elle rapporte aussi que son conjoint avait brûlé le pouce du garçonnet avec un briquet. Teddy Maton, lui, affirme être revenu à l’hôtel ce 14 février 2017 et que l’enfant avait déjà été battu par sa mère et qu’il avait glissé avec lui après l’avoir lavé tout en le mordillant pour le réveiller. Me Mousset, son avocat, « espère que la cour d’assises sera capable de se confronter réellement aux responsabilités de chacun sans céder à l’émotion ».

Mais Maton a aussi changé de version et affirmé qu’il avait une blessure invalidante à la jambe et au bras « or, l’expertise a conclu à l’absence de lésion générant une éventuelle impotence », note la cour d’appel. « Ils continuent à imposer le spectacle affligeant de leur lâcheté comme si supplicier un enfant était plus facile à faire qu’à avouer », déplore, de son côté, Me Corbier, partie civile aux intérêts du père de Kenzo.

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