Kirk Douglas est mort

Décédé à 103 ans, Kirk Douglas était le dernier géant d’Hollywood. De « Spartacus » à « La captive aux yeux clairs », des « Sentiers de la gloire » à « Règlement de compte à OK Corral », retour sur une carrière d’exception.

 

Kirk Douglas  s’est éteint à l’âge de 103 ans le 5 février 2020, comme l’a annoncé son fils Michael Douglas sur les réseaux sociaux. C’est un siècle de vie et d’Histoire du cinéma qui vient donc de s’achever.

 

 

L’existence même de Kirk Douglas ressemble à un scénario à côté duquel celui des « Avengers » fait pâle figure : sa famille juive originaire de l’actuelle Biélorussie fuit l’Europe antisémite pour les États-Unis. Le jeune Issur Danielovitch Demsky y naît en 1916 et prend le nom de Kirk Douglas à ses débuts d’acteur. La guerre interrompt sa carrière, il sert dans la marine, puis s’impose au cinéma à partir des années 50. 3 fois nommé aux Oscars, il ne sera jamais récompensé, sauf d’une statuette d’honneur en 1996. C’est en France, en fait, que l’acteur aura été le mieux et le plus célébré.

De Spartacus à La captive aux yeux clairs, des Sentiers de la gloire à Règlement de compte à OK Corral, en passant par Les ensorcelés, Douglas rencontre à la fois les plus grands metteurs en scène. Retour sur la carrière du géant d’Hollywood.

1. « La Captive aux yeux clairs » (1952)

Dans les années 50, sa carrière est déjà bien lancée aux États-Unis. Kirk Douglas se lance dans le western avec La Captive aux yeux clairs (The Big Sky en version originale) devant la caméra d’Howard Hawks. C’est le premier film que l’acteur tourne sans la Warner. Après La Vallée des géants, il décide de ne pas renouveler son contrat avec le mastodonte de la production hollywoodienne. Dans La Captive aux yeux clairs, il incarne Jim Deakins, qui rejoint une expédition de trappeurs  avec son ami Boone Caudill (Dewey Martin). Leur but ? Remonter le Missouri et doubler la compagnie qui truste le commerce de fourrure. Ils sont sont accompagnés par Teal Eye (Elizabeth Threatt), fille d’un chef indien qui doit leur faciliter le contact avec sa tribu. Une rivalité amoureuse s’installe entre les deux hommes, alors que le danger est permanent.

2. « Les Ensorcelés » (1952)

Réalisé par Vincente Minnelli, le film remporte cinq Oscars sur six nominations. C’est un record pour un film qui n’était pas nommé dans les catégories de Meilleur film et Meilleur réalisateur. Quant à la musique The Bad and the Beautiful écrite par David Raksin, elle est entrée dans la légende du jazz. Dans ce film, Kirk Douglas incarne Jonathan Shields, producteur qui tente de réaliser un film inédit dans l’Hollywood des années 50, avec Fred Amiel (Barry Sullivan) et Georgia Lorrison (Lana Turner). Sans oublier Walter Pidgeon, qui joue le rôle d’Harry Pebbel, l’associé de Jonathan, embarqué dans cette histoire aux nombreux rebondissements.

 

3. « Règlement de comptes à O.K. Corral » (1957)

Kirk Douglas retourne au western avec John Sturges. Le film s’inspire de faits réels : la fusillade d’O.K. Corral en 1881, à Tombstone dans l’Arizona, qui est l’une des plus célèbres fusillades dans l’histoire de la Conquête de l’Ouest. 3 hommes sont tués pendant ce conflit à l’arme à feu. Dans Règlement de comptes à O.K. Corral, Kirk Douglas ( le joueur de poker Doc Holliday) partage l’affiche avec Burt Lancaster (le shérif Wyatt Earp) et Rhonda Fleming (Laura Denbow). C’est la deuxième fois que les deux acteurs jouent ensemble, après L’Homme aux abois de Byron Haskin. Ils ne participeront pas à Sept secondes en enfer, la suite du film, sortie en 1967.

4. « Les Sentiers de la gloire » (1957)

Avant Spartacus, Kubrick et Douglas démarrent leur légende avec Les Sentiers de la gloire. Adapté du roman éponyme d’Humphrey Cobb , il permet à Stanley Kubrick de faire ses preuves à Hollywood. L’histoire se déroule dans les tranchées françaises en 1916. Le colonel Dax (Kirk Douglas) et ses hommes sont sommés d’attaquer une position allemande, très protégées. Son régiment est repoussé. Le général Mireau (George Macready) ordonne alors à l’artillerie de tirer sur ses propres troupes pour continuer l’attaque, un ordre que refuse. Parce qu’il dénonce le comportement de la hiérarchie militaire, l’animalisation des soldats et l’armée française, le film subit une importante censure en Europe. Il ne sera d’ailleurs pas diffusé en France. Il faudra attendre 1975, soit 18 ans, pour qu’il soit projeté dans les salles de l’Hexagone.

5. « Les Vikings » (1958)

Fresque épique de Richard Fleischer, Les Vikings retrace l’histoire du chef viking Ragnar (Ernest Borgnine), son fils légitime Einar (Kirk Douglas) et son bâtard Erik (Tony Curtis). Ignorant leur lien de parenté, les deux guerriers, dont l’un est considéré comme un esclave, se vouent une haine farouche, renforcée par leur intérêt mutuel pour la princesse Morgana (Janet Leigh). Amoureuse d’Erik, mais promise au roi Aella, Morgana pourra finalement rester avec celui qu’elle l’aime. Quant à Einar, en apprenant qu’Erik est son frère, il mourra en guerrier épée à la main, comme son père Ragnar.

6. « Spartacus » (1960)

Qui ne connaît pas Spartacus, l’esclave qui s’est révolté contre Rome ? Kirk Douglas l’a de nouveau fait entrer dans la légende en l’incarnant devant la caméra de Stanley Kubrick, avec Laurence Olivier, Peter Ustinov (Oscar du Meilleur second rôle masculin) et Jean Simons. Kirk Douglas retrouve aussi Tony Curtis de Vikings. Cependant, le film possède des scènes trop violentes pour l’époque, ce n’est qu’en 1991 qu’il sera diffusé avec les images de charniers des batailles. C’est sans aucun doute l’un des plus grands rôles de Kirk Douglas pour des générations de spectateurs et spectatrices.

7.  » Les Héros de Télémark » (1965)

Pour ce film, le réalisateur Anthony Mann s’est inspiré de « la bataille de l’eau lourde » de la Seconde Guerre mondiale, dans la course à la bombe atomique. Elle désigne cinq opérations militaires successives menées par les Alliés pour une détruire une usine productrice d’eau lourde en Norvège. L’action se déroule à Télémark, où un un commando doit infiltrer l’usine et la détruire. Kirk Douglas est le docteur Rolf Pedersen, Richard Harris incarne Knut Straud et Ulla Jacobsson est Anna Pedersen.

8. « La Caravane de feu » (1967)

« Last but not least »… Kirk Douglas retourne au western avec La Caravane de feu de  Burt Kennedy. Adapté du roman Badman de Clair Huffaker, il raconte comment  Taw Jackson (John Wayne) décide de se venger après avoir été jeté en prison, parce que ses terres se trouvaient sur un gisement d’or. Pour cette vendetta, il engage le tueur à gages Lomax (Kirk Douglas), qui finalement décide de travailler pour Franck Pierce, celui qui avait jeté Taw en prison.

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